Pourquoi l’Andorre a-t-elle suspendu les autorisations d’investissement étranger dans l’immobilier ?
Andorre est un lieu de prédilection pour les investisseurs étrangers à la recherche d’un pays favorable au développement de leurs activités. Le gouvernement andorran a d’ailleurs pris des dispositions afin d’inciter les porteurs de projets à investir dans la Principauté. L’immobilier est l’un des secteurs les plus convoités. Cependant, tout récemment, Andorre a pris la décision de suspendre temporairement les autorisations d’investissement étranger relatives à l’immobilier. Pourquoi ? Quel sera son impact sur le plan économique ? Une décision qui a fait couler beaucoup d’encre. Décryptons !
La nécessité de maîtriser la croissance immobilière
L’essor immobilier en Andorre a été fulgurant ces dernières années. Avec des démarches facilitées, un cadre propice à l’investissement dans la pierre et un parc immobilier très diversifié, les étrangers se sont rués vers cette petite Principauté pour acquérir des résidences secondaires, des biens de luxe…
Avec cette augmentation exponentielle des investissements immobiliers de non-résidents, le pays va connaitre une flambée des prix de biens sur tout son territoire. En trois ans seulement, il va en effet enregistrer une croissance de plus de 30%. Cela a entraîné un manque de biens locatifs au détriment des résidents andorrans. Comme leurs coûts ne sont pas accessibles, ces résidents locaux ont de plus en plus de mal à dénicher un logement.
Le pays se voit donc dans l’obligation de maîtriser sa croissance immobilière. Ce moratoire temporaire a ainsi pour premier objectif de mettre en place une meilleure gestion de cette augmentation des investissements étrangers dans le secteur de l’immobilier.
Pour préserver l'identité culturelle andorrane
Cette suspension des autorisations d’investissement étranger dans l’immobilier vise également à rétablir et à préserver l’identité culturelle andorrane. Avec la hausse des résidences secondaires acquises par les étrangers, le gouvernement appréhende l’impact de ce changement au niveau de la cohésion sociale et culturelle andorrane.
L’interruption momentanée de l’octroi de ces autorisations est un moyen de trouver des résolutions à l’endroit de ces préoccupations culturelles soulevées. La Principauté d’Andorre cherche tout simplement à protéger ses mœurs et sa mode de vie, notamment en ralentissant les investissements immobiliers étrangers.
Toutefois, il convient de préciser que ce moratoire relatif aux autorisations n’ambitionne pas de freiner ces investissements étrangers. Il convoite essentiellement la mise en place d’une croissance durable dans le pays en freinant les acquisitions immobilières spéculatives.
L'opportunité de réviser les lois andorranes sur l'immobilier
Cette mesure ponctuelle, en faveur des citoyens, va par la même occasion permettre au gouvernement andorran de réviser sa législation, principalement au niveau des taxes sur les investissements étrangers liés aux achats immobiliers. Grâce à cette période transitoire, le pays va pouvoir repenser ses politiques et éventuellement de cerner les lacunes afin de mettre en application des stratégies performantes pour assurer un développement aussi bien durable qu’équilibré du marché de l’immobilier. Le recouvrement d’une nouvelle taxe aspire à l’accessibilité du logement et à une diversité économique. D’ici la fin de l’automne, la date prévue pour la fin de la suspension, le gouvernement va établir un nouvel impôt sur les capitaux étrangers destinés à un investissement immobilier. Cependant, les transactions immobilières en cours avant le 5 septembre (avant-contrat ou acompte versé) ne seront pas concernés par cette nouvelle imposition. La loi sur les investissements immobiliers se verra reformée.
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